27 avril 2009

Journée du souvenir de la déportation, ne pas oublier!

26avril.jpgVoici le discours que j'ai prononcé lors de la cérémonie du 26 avril, afin de ne pas oublier l'horreur qu'ont vécue les déportés. Il faut  tirer les leçons du passé et donc lutter quotidiennement contre toutes les discriminations.

"Aujourd’hui, comme chaque année, en ce dernier dimanche d’avril, nous redécouvrons l’horreur. L’horreur que les armées alliées avaient elles-mêmes découverte, en ouvrant les portes des camps de concentration et d’extermination, outils de la barbarie que le régime Nazi avait perpétrée au nom d’une idéologie inacceptable.
Chacun a en mémoire ces images insoutenables, de cadavres vivants, de charniers, et de l’organisation systématique de ces camps destinés à la destruction de la vie humaine à grande échelle.


Six millions de femmes et d’hommes de toutes origines dépossédés de tout ont ainsi connu l’enfer, l’innommable.

On leur reprochait simplement d’être ce qu’ils, étaient ou de ne pas accepter le régime dominant

Parce juifs, tsiganes, handicapés, homosexuels, communistes, opposants politiques, différents…, ils furent conduits vers l’enfer !

Mais ce n’est pas seulement une fois par an qu’il nous faut nous souvenir car s’il y a un peu plus de 60 ans, en Europe, l’homme a engendré l’inhumain c’est parce qu’on a laissé se développer le racisme, l’intolérance, c’est parce qu’on a pas pu, pas su, s’élever et dire Non !

A l’heure du recueillement et du souvenir de la déportation, c’est plus que jamais de combat dont il est question, un combat, notre combat, dont la justesse fait qu’il ne se terminera vraisemblablement jamais.

Ce combat n’est pas mortel, il n’occasionne pas de guerre, il ne donne lieu à aucune paix.

L’ennemi a cette particularité de n’avoir aucun visage, aucune intention, aucun objectif.

Cet ennemi est beaucoup plus insidieux. Ces principaux alliés sont les années qui passent, les générations qui disparaissent.

 

Cet ennemi vous l’aurez reconnu car vous êtes les premiers à le combattre, c’est bien évidemment l’oubli.

Celui qui fait que les jeunes générations ne savent plus à quoi correspondent certaines commémorations, et qui pensent parfois que la liberté et la paix sont des droits naturels.

Non l’oubli n’est pas possible, il serait une seconde mort pour les victimes, il serait une infidélité à nous mêmes, à notre histoire, à nos valeurs.

Non l’oubli n’est pas possible, car il nous priverait des enseignements de ce passé. En oubliant les pages sombres de cette histoire nous pourrions être condamnés à les revivre.

 

Car le danger rode en permanence

 

Ceux qui, dans un stade de football, en Italie, la semaine dernière, mais chez nous aussi, conspuent un joueur à la peau noire, ne sont-ils pas du côté des bourreaux d’Auschwitz, Birkenau ou de Bergen-Belsen

Ceux qui, dans la vie professionnelle, persécutent un collègue, refuse de lui serrer la main, le marginalise, parce qu’il est homosexuel, ne sont-ils pas du côté des bourreaux de Mauthausen, Buchenwald ou de Dachau

Tous ceux qui se laissent aller à des dérives racistes ou xénophobes ne sont-ils pas du côté des bourreaux de Ravensbrück, du Struthoff ou de cette longue liste des camps de l’ignominie.

 

Aujourd’hui, nous rendons hommage aux victimes de la déportation, à ceux qui ont vécu la souffrance, les plus terribles humiliations, la terreur permanente à ceux qui pourtant dans ce contexte de haine ont su préserver la dignité humaine.

Pour tous ceux là, je voudrais qu’aujourd’hui et chaque jour, nous luttions contre l’oubli.

 

A tous ceux là, je voudrais qu’aujourd’hui et chaque jour, nous rendions hommage en nous montrant, dans notre vie quotidienne toujours plus vigilants contre toutes les formes de discrimination, d’exclusion et d’intolérance."

 

Commentaires

Très bon et beau discours. Mais il ne faut surtout pas que ceux qui ont été justement touché par l'horreur et l'atrocité, nous sommes bien d'accord, sombrent également dans l'intolérance et l'horreur... Avoir été touché ne doit pas donner le droit à tout et n'importe quoi justement au nom de cette Histoire...

Ecrit par : Juliette B. | 28 avril 2009

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